NO 9: NOUVELLES VOIX MASCULINES DE LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE
L’écriture masculine existe-t-elle vraiment ? Est-elle foncièrement éthylique
et pornographique ?

Les exégètes nous diront s’il existe une
sensibilité proprement masculine. Après la controverse qui a embrasé les
blogues l’an dernier à la publication du numéro 6 de la revue Zinc, intitulé
« Nouvelles voix féminines », nous avons décidé de colliger un numéro
chargé de testostérone, dans lequel nous présentons les auteurs
masculins de la génération X, génération MTV et génération Boomerang,
les enfants de la guerre froide.

Reste à savoir dans quel univers désordonné ces écrivains habitent.
Le petit héros de Patrick Brisebois saute sur son lit comme sur un trampoline
en baissant sa culotte ; Eric Dupont nous transporte dans un univers
qui verse dans le réalisme sadico-magique, la voix éraillée d’Éric
McComber retentit comme hurlée du fond de son sternum. Le texte que
nous offre Stéphane Dompierre respire la rage fermentée et le désespoir
en kaléidoscope, tandis que Tristan Malavoy-Racine crée un personnage
quasi mythologique mi-bête mi-homme. Pour sa part, Stéphane-Éli
Marroie invente un monde en course folle entre le jour et la nuit, où
l’amour cruel se révèle entre des piles d’objets rouillés. Alain Farah,
Maxime Catellier et Jean-Simon Desrochers sont les poètes de la nouvelle
garde, pourchassant leurs ancêtres. Finalement, nous avons décidé
de relire (déjà) Nikolski de Nicolas Dickner, ce livre qui en a bouleversé
plus d’un cette année.

Ce sont tous de mauvais garçons insolents par leur art. Sans compromis.